« LUMINEUSES  FICTIONS »
exposition d'illustrations vectorielles 
par
Number Wam
S'est tenue du 25 mars au 23 avril 2017 7j./7 
A la Galerie des Marches, 31 rue Vieille à Aubusson (23)
Au décrochage de cette exposition, Christophe Givois, metteur en scène & directeur artistique de La Métive, a poursuivi son cycle d'interprétation d'oeuvres de Jorge Luis Borgès (1899-1986).
LES ARCANES DE WAM
Nourrie d’influences multiples, autant issues du cinéma fantastique et de la bande dessinée d’anticipation modernes que de la contre-culture ayant définitivement émergé à partir des années 80, l’approche de création graphique de Jean-Raphaël Belajew se développe depuis une petite décennie à travers une fréquentation intensive de ces nouvelles technologies qui n’en finissent pas de bouleverser désormais nos modes de représentations, sans même parler de la façon dont ces « outils numériques » défient parfois, en pratique, la notion d’image en soi. Avec une vraie méticulosité, à partir d’une formation en Arts Appliqués et d’une culture visuelle et musicale marquée par des films comme « Ghost Dog » (Jim Jarmush) ou « L’armée des 12 Singes » (Terry Gilliam), environnée par les sonorités de Tricky (trip-hop), Roni Size (electro) et du Wu Tang Clan (rap), l’illustrateur vectoriel qu’est très professionnellement Jean-Raphaël Belajew appose donc sa signature artistique « Number Wam » : mythologie personnelle et argotique pour une identité créative qui n’emprunte alors au graffiti art que la vélocité du tag, en se préservant ainsi de toute malencontreuse assimilation à des phénomènes plus ou moins militants tels que le « street art » par exemple. Car, à l’inverse, l’univers « Wam » (« moi » en verlan) qui se propose déjà, en premier lieu, à partir de croquis à la mine de plomb exécutés sur table avant d’être déployés au recours d’une saisissante maîtrise de logiciels sophistiqués, ce « monde à lui » ne présente un imaginaire en propre qu’au prix d’une plongée quasi spirituelle dans un Intime à la fois ultra captif et hyper poreux, mâtiné de méditation zen ; oeuvrant & oeuvré presque à la manière d’un Jamie Hewlett (Designer Of The Year 2006) avec l’entité Gorillaz et, en cela aussi, renvoyant plus aux carrières protéiformes d’un Moebius ou d’un Enki Bilal qu’à la production de mangas qu’au demeurant l’artiste ne consomme que très parcimonieusement. En effet, si une décennie sépare le dessin de Masamune Shirow pour les tomes de « Ghost In The Shell » du succès international couronnant « Le 5ème Elément » de Luc Besson, c’est la vie quotidienne d’une majorité humaine aujourd’hui « globalisée » qui intègre encore, et de plus en plus, l’impact ergonomique du decorum de « Star Wars » par exemple, à l’instar de quelques équipements martiaux très réels qui s’en inspirent directement. La nature même de la signature de Jean-Raphaël Belajew indique clairement que sa démarche artistique prend acte d’un tel contexte qui donc peut aussi renvoyer à une question esthétique classique, entre « ergôn » & « teknê » ; est alors « number one » ce « moi » à travers lequel il s’agit pour l’illustrateur de se distinguer, quand le perpétuel challenge anglo-saxon entre de la sorte en collusion avec la notion de sujet selon un idiome populaire français. De là, comme depuis une plateforme identitaire ouverte à divers flux culturels que stratifie traditionnellement de façon toujours particulièrement sédimentaire toutes les productions vernaculaires, s’organise un véritable phénomène de fusion plastique originale, entièrement orientée vers une excellence technique offerte à la sérénité presque japonisante d’un authentique échange artistique, sous l’égide de très singulières arcanes. 
copyright 2017 - JMB / des marches
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